Une marque sans aucun caractère ajouté
Une IA écrit mot par mot et hésite souvent entre plusieurs mots aussi justes. Ce choix se faisait au hasard. Le marquage remplace ce hasard par une suite dictée par une clé secrète et par les mots précédents. Rien n'est inséré dans le texte : la marque se trouve dans les mots choisis.
- 1La réunion a été reportée, décalée ou repoussée : trois mots conviennent.
- 2La clé secrète et les mots précédents désignent lequel écrire.
- 3Un seul mot ne prouve rien. Sur plusieurs centaines de mots, le détenteur de la clé voit que le texte suit sa suite secrète.
Le principe prolonge SynthID-Text, publié par Google DeepMind dans Nature en 2024. L'exemple de la réunion est une illustration de notre part.
Une obligation venue de Bruxelles
L'article 50 de l'AI Act impose un marquage lisible par machine depuis le 2 août 2026, au nom de la lutte contre la désinformation, la manipulation et la fraude. Les systèmes déjà sur le marché ont jusqu'au 2 décembre 2026. Un code de bonnes pratiques volontaire, publié le 10 juin 2026, réunit environ 190 signataires.
OpenAI a commencé le 5 octobre, sur plusieurs semaines, pour ChatGPT et Codex auprès de ses utilisateurs européens. Anthropic applique le marquage partout dans le monde, faute de moyen durable de le limiter à une région. Ni l'un ni l'autre ne décrit d'option de désactivation.
Qui peut vérifier aujourd'hui
- Les autorités peuvent exiger l'accès aux outils, sur demande motivée.
- Anthropic ouvre son détecteur en préversion privée aux régulateurs, aux forces de l'ordre, aux médias, aux vérificateurs de faits, aux chercheurs, aux organismes éducatifs, à la société civile européenne et aux entreprises soumises à la loi.
- OpenAI donne accès à des chercheurs et à des organisations choisis, au cas par cas.
- Le code prévoit en règle générale une détection gratuite, et l'accès peut donc s'élargir au grand public.
Une marque fragile
Chiffres rapportés par The Decoder. Anthropic ne publie aucun taux équivalent.
Anthropic précise deux limites. Une simple correction par une IA laisse peu de marque. Une réécriture complète la fait disparaître, et son détecteur distingue mal un texte fortement retouché d'un texte écrit de zéro.
Un intérêt pour le fabricant aussi
Une IA qui s'entraîne sur ses propres textes peut se dégrader, selon des travaux de recherche. Un fabricant capable de reconnaître ses textes sur le web pourrait donc les écarter. Aucun fabricant ne dit procéder ainsi : c'est une capacité que la clé rend possible, et ce paragraphe relève de l'analyse.
Ce que vous pouvez protéger
- Conservez vos brouillons, vos notes et l'historique de vos versions : ils démontrent votre travail.
- Déclarez votre usage de l'IA lorsque votre école ou votre employeur a fixé une règle.
- Traitez un score comme un indice : demandez la méthode, l'outil et la marge d'erreur.
Sources
- Anthropic, billet sur le marquage des textes de Claude
- OpenAI, rapport textGrain
- TechCrunch, 5 octobre 2026
- The Decoder, résultats de robustesse
- Google DeepMind, SynthID-Text, Nature (2024)
- Règlement (UE) 2024/1689, article 50 et considérant 133
- Commission européenne, code de bonnes pratiques
- Lewis Silkin, analyse du code
- Trending Topics, 17 août 2026
L'exemple de la réunion et les passages signalés relèvent de l'illustration et de l'analyse. Contenu éducatif, jamais un conseil juridique. Demerzeel est un personnage virtuel.
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